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Bilan 2025 : une énergie folle

L’hiver s’est installé, avec son brouillard, son ciel bas et gris et la nuit qui prend ses aises. C’est l’heure du bilan de l’année, exercice auquel je me plie depuis plusieurs années, pour rassembler mes pensées et peut-être en voir un schéma.

Cette année, c’est le retour du vélo-boulot-dodo, le temps qui se contracte et l’énergie qui manque.

Boulot et énergie folle

C’est probablement le plus gros changement pour cette année : j’ai repris le travail, un an et deux mois après avoir quitté mon poste plus ou moins sur un coup de tête, après des semaines à ne rien faire, des entretiens foirés, quatre mois éclairs dans une boite de prestation où alcool, culture du viol et racisme se cachaient derrière les petits-fours, de nouveau trois mois de chômage (indemnisé celui-ci) et encore des entretiens foirés.

Un salaire indécent pour un forfait cadre sans horaire fixe, un périmètre très (trop?) large et un milieu de travail sexiste qui me faisait hésiter à rester en fonction de mon humeur.

Les hauts et les bas me font des fois douter de la présence du sexisme et de mon syndrome de l’impostrice : est-ce que j’ai raison en m’offusquant contre cette homme qui ne me laisse pas en placer une ou est-ce c’est mon énervement hypo-maniaque qui me fait surréagir ? Et quand je trouve que certains collègues me prennent pour une cruche ou qu’ils me cachent des infos, est-ce que ce ne serait pas lié à une mini-paranoia causée par un moment de mou dépressif ?

Photo de pieds de jonquilles en fleur jaune vu d'en-dessous

Pour facilité le tout, j’ai appris que je me trouvais probablement sur le spectre du trouble de l’autisme alors que j’avais fermé la boite il y a plusieurs années. Des choses dans ma vie ont d’un coup un autre sens mais est-ce bien le bon sens ? Que faire de ça ?

Bref. Problème de riche, mais j’ai fini par me décider : le boulot est intéressant (je suis très chanceuse à ce niveau), mon chef reconnaît pour le moment mon travail et les conditions sont plus qu’avantageuses.

Par contre, qui dit reprise de boulot, dit énergie sacrifié au travail, yoyo permanents d’humeurs à gérer, fatigue et cette dépression qui me nargue toujours dans le rétroviseur de mon vélo.

Militantisme en contre-jour

C’est peut-être un des aspects les plus frustrants de 2025 : l’incapacité de militer. Non pas qu’avec les humeurs en mode montagne russe pour bébé j’arrivais à quelque chose de constructif, mais je gardais l’idée que je *pourrais* m’investir si je le voulais. Ce qui est faux, mais difficile à accepter pour un cerveau biberonné à la performance dans une société capitaliste et validiste.

Là, je ne peux plus me leurrer : à part bosser, je n’arrive plus à grand-chose.

Un syndicat de lutte existe dans ma boite et maintenant que j’ai pris la décision de rester je pense que je vais toquer à leur porte sachant la double limite que j’ai : l’énergie donc, mais aussi le fait que je suis en position de manager indirect vis-à-vis d’autres collègues. Pour tout dire, je n’avais pas capté que ma fiche de poste ainsi mais en l’état je me vois mal prendre de la place dans un syndicat avec cet type de responsabilité (même indirecte). Je verrai bien au moment donné.

Donc plus de militantisme pour moi et je range mon frein en voyant de loin des conflits de mon (ex?) organisation politique. Faire la part des choses entre les divergences politiques, les conflits interpersonnels et les relations de pouvoir qui se cristallisent dans le réel (sexisme, racisme, validisme…) demande un vrai travail de recul que je n’arrive cependant pas à avoir.

Tant d’urgences, tant de mort·es, tant que guerres et toujours les extrêmes droites qui continuent d’installer leur nid, mais je n’ai que de la fatigue et de la dépression en réponse. Alors je cache ma colère sous un drap pour ne pas qu’elle prenne la poussière mais, des fois, j’oublie presque qu’elle est là et cela me fait peur.

Ainsi, pour le moment, je lis et absorbe les analyses – qui n’ont une valeur que théorique quand celle-ci ne s’est pas cognée au réel, et j’essaye de partager les informations que je vois passer. C’est si peu.

Photo de la tour eiffel vu d'en-bas

De l’art d’écrire un peu

Avec tout ça, j’ai quand même réussi à maintenir une pratique quotidienne d’écriture. J’avance tant bien que mal sur un roman de fantasy dont les personnages me côtoient depuis bientôt deux ans. Le worldbuidling n’est pas top top mais le tout va en s’améliorant (je l’espère) avec au compteur 77954 mots. Cependant, j’ai l’impression de ne pas prendre l’écriture au sérieux : une fois l’objectif du jour atteint (250 mots ou 30 minutes d’écriture), je passe à autres choses, même le week-end.

Avec cette limite, je priorise le roman et plusieurs articles de blog sont restés en brouillon dans un carnet papier et attendent d’être un jour finalisés. Des critiques de livres mais aussi le retour sur ma randonnée annuelle en Bretagne alliant solidarité entre randonneuses et tempêtes. J’essayerai de publier ce dernier billet début d’année, il me semble plus directement intéressant.

Photo de l'océan pacifique. Une voile d'un bateau se devine entre le ciel nuageux et l'eau bleu foncé parcouru de vagues

Tomber de la sécheresse à la noyade

L’autre activité pourvoyeuse de petits bonheurs est le jardinage de balcon, malgré les échecs qui continuent d’été en été. Cette année me sert de base de sélection : adieu œillets et dahlia, fraise, belles de nuit et ipomées. Bienvenue aux dix milles nuances de basilics, romarin, bourrache et sauge.

Les plants de poivrons ne valent pas vraiment le coup, faible récolte mais une grosse consommation d’eau, même en prenant en compte le système de goutte-à-goutte que je maîtrise de mieux en mieux. J’essayerai probablement d’autres plantes en pot, peut-être gingembre ou rhubarbe, sans avoir d’idées bien arrêtées. J’ai encore tout l’hiver pour me décider.

Photo d'un contenant d'eau posé sur deux tréteaux. Un tuyaux sirt de ce contenant direction un pot qui se trouve en premier plan caché.
Photo d'un goutte-à-goutte vu de près, avec une goutte suspendue au bout du tuyau

Mon jasmin étoilé a bien repris cette année, plus que ce que j’aurai espéré, avec une belle floraison estival, malgré le foyer d’araignées rouges qui s’y loge. Mon camélia par contre se délite de plus en plus, sans que je ne sache quoi faire. Par contre, je sais très bien quelle est la cause de faiblesse de mes misères et mon magnifique bégonia en intérieur : le trop plein d’eau versée cet été par peur de la sécheresse. Certaines misères sont mortes, d’autres vivotent et mon bégonia a l’air de repartir.

Trois nouveaux colocataires sont arrivées à la fin de cet été : un laurier, un plant de lierre et un olivier. Des espèces qui me semblent a priori assez rustiques et résistantes pour résister aux acariens, mais seul le temps nous dira si c’est bien le cas.

Photo de près de fleurs blanches de jasmins étoilés mouillées de gouttes

***

J’espère que cette nouvelle sera aussi belle et forte qu’une fleur de bourrache qui se tient face au vent, qu’elle soit pleine de luttes victorieuses, de dignité et de moments suspendus de joie.

Bilan 2024 : une année suspendue

Cette année est une année de pause, volontaire cette fois-ci. Erreur minime au travail. Sentiment d’échec, d’être incapable. Crise, fébrilité et paf démission. Aussi rapide que ça. Je me rappelle exactement à quel moment ma décision était prise : quand j’ai claqué la porte de la voiture derrière moi après la visite du nouvel an chez ma grand-mère. C’est l’avantage d’être cadre : je peux me permettre de ne pas recevoir de salaire pendant plusieurs mois.

Bilan 2023 : une année en pointillé

J’ai écrit une première version de ce texte.

J’ai attendu.

Puis j’ai relu.

J’ai compris que je n’étais par Audre Lorde.

J’ai tout effacé et réécrit.

***

Voilà, j’ai développé un trouble bipolaire. J’écris « développé » car je n’avais jamais fait de crise (hypo)-maniaque avant noël 2022. Des dépressions se sont suivies à la queuleuleu depuis ma fin d’adolescence, sans phase intense de speed.

Le point positif de tout ça est d’enfin savoir pourquoi je me sens mal depuis des années. Ce n’était pas que dans ma tête. Fin si. Fin on se comprend. Comme certaines personnes le racontent, poser un diagnostic m’a permis d’avoir l’impression de pouvoir maîtriser ce trouble. Pas guérir, non. Vivre avec.

Et donc je suis folle. Bien sûr, je m’en doutais un peu. Vivre dépression sur dépression déclenchées par des causes plutôt minimes indique que quelque chose déconne un peu dans son cerveau.

Folle par cycle.

Folle à vouloir en crever pour avoir l’impression de ne pas arriver à *performer* au travail.

Folle à vouloir se laisser entraîner dans une danse folle folle folle à tournoyer rire jongler courir chanter danser aimer.

Ou peut-être que la folie vient de ce monde qui crée des cassures dans les gens ? Concrètement, le capitalisme, le sexisme, le racisme sont des terreaux fertiles pour, si ce n’est les éviter, aggraver les folies, les rendre (plus) difficiles à vivre.

Par exemple, comment ne pas être dépressive quand on vit dans une chambre de douze m² avec un néon grésillant au plafond et des pâtes au fromage à manger pour les deux prochaines semaines ? Ou quand on se retrouve seule à gérer un bébé qui nous réveille toutes les deux heures ? Comment ne pas être stressée dans un monde où priment libéralisme et de productivité ? Ou quand on ne sait pas si son fils reviendra vivant d’un contrôle de police ?

La fin des systèmes de domination est une nécessité.

Mes troubles sont la toile de fond de toute mon année 2023, avec cinq mois d’arrêts, trois dépressions, une crise suicidaire et une manie.

Je m’en sors bien.

Tableau. Trois chemins sinuent dans un champ de blé. Au dessus du champ volent des corbeaux noirs, comme des v en noir. Le ciel, représenté à grands coups de pinceau, est dégradé d'un bleu clair vers un bleu nuit. Deux zones illuminées donnent l'impression d'un soleil et d'une lune dans le ciel.
Champs de blé aux corbeaux de Van Gogh

Forcément, mon implication dans les milieux militants en a pâti. Comme je le dis souvent, quand on est mal, on milite mal. Du moins de ce que j’ai observé de ma longue (lol) expérience militante.

J’ai donc passé en arrêt une bonne partie de la lutte contre la réforme des retraites. La conclusion de ces six mois de combat et de ces millions de manifestant·es ? Que, malgré une mobilisation extraordinaire, la grève a été peu suivie. Et c’est la grève qui fait plier les patrons. En ça, l’auto-organisation entre collègues est nécessaire pour créer un rapport de force contre les patrons et toustes celleux qui nous écrasent et préparer une société sans capitalisme. En bref, rejoindre les syndicats. Sur le côté révolutionnaire du syndicat, ce n’est pas moi qui le dit mais la Charte d’Amiens, dont se réclament la CGT, Solidaires, la CNT…

Photo d'une manifestation avec pancartes.
La manifestation prend toute la largeur du grand pont de la Guillotière.
Au fond, la cathédrale de Fourvières.
Manifestation contre la réforme des retraites (janvier 2023)

J’ai participé en pointillé au groupe anarchiste dans lequel je milite, prise entre déceptions et syndrome de l’imposteure. Il paraît que mon avis est biaisé, donc j’attends de voir. J’ai envie d’apprendre, de lutter, de créer. De féminisme, aussi.

Mon premier arrêt a été une période féconde, avec de nombreuses nouvelles écrites, qui attendent sagement dans leur dossier que je les reprenne. Un jour, peut-être. Une plus ancienne a été sélectionné finaliste par un concours sur le fantastique et un poème par un concours sur le thème de la frontière. J’ai les deux recueils dans ma bibliothèque pour me prouver à moi-même que, oui, j’y suis arrivée.

Photo d'un bureau sur lequel un écran d'ordinateur montre Sébastien, le crabe de la petite sirène, en train de mimer un baiser.
Sous le bureau, deux lapins regardent la caméra.
Est-ce que j’ai passer une grande partie de mon premier arrêt à revoir des Disney ? Hmm, possible.

Les six derniers de l’année ont été mois évidents. La dépression, le trou gris d’eau boueuse dans lequel on se noie, rend difficile la création.

Grâce au challenge de l’Imaginaire (pour s’inscrire à l’édition 2024, c’est ici), je me suis astreinte à rédiger (un peu à l’arrache, je l’avoue) des critiques de livres de façon régulière. Je pense que ce sera l’activité principale du blog car je souhaite diriger mon temps d’écriture à mes textes. Je travaille actuellement sur une romance un poil clichée, mon shojo comme je l’appelle. Ce roman sera un de mes objectifs de cette année (et de celle d’après probablement).

Le blog a plutôt bien fonctionné cette année, en particulier de vieux posts. Les trois articles les plus vus sont :

Photo d'une manifestation sous la pluie.
En premier plan, des gens tiennent un énorme drapeau palestinien.
De nombreux drapeaux palestiniens sont tenus par la foule.
Manifestation en soutien au peuple palestinien

En fait, je triche. L’article le plus vu de cette est celui annonçant la pause estivale du blog. J’en conclus que les robots aiment la montagne.

Photo. Un glacier blanc-gris, fissuré de milliers d'entailles, sur une montagne aux roches grises.
Au pied de la montagne, un  lac aux bords enneigés qui reflète le glacier. Le ciel bleu est nuageux.
Glacier blanc dans les Ecrins

Une autre conséquence de ma dépression estivale est l’échec de mon mini jardin de balcon qui n’a pas donné grand chose, coincé entre une invasion d’araignées rouges (encore elles…) et mon incapacité à m’en occuper correctement. Malgré tout, certaines plantes ont plutôt bien résisté : piment, belle de nuit, ipomée, bourrache, basilics, ma fidèle ciboulette, thym et capucines. Je vais essayé d’adapter mes semis en fonction de ce retour d’expérience. Et puis j’ai envie de fleurs. Étonnamment, mon jasmin étoilé est un peu reparti, ce qui m’a permis de faire le deuil de mon chèvre-feuil qui me suivait depuis sept ans.

Photo d'une fleur de ciboulette aux pétales roses tirant sur leviolet clair). En flou et en arrière plan, on devine un balcon tout en longueur
Fleur de ciboulette

Comme l’année dernière, j’ai beaucoup marché, entre un séjour à Briançon et mon périple cévenol. J’aime marcher. En fonction de son envie, ces randonnées courtes ou non peuvent être des moments de dépassement de soi, de partage, d’ouverture à la beauté, de communion avec soi-même et de créativité.

***

Marchant funambule

Sur la crête d’une dune

Un pas après l’autre

***

Ne jamais oublier la beauté d’un coucher de soleil, la main chaude d’un·e amant·e, l’odeur d’une fleur ouverte, une musique qui vous entraîne.

Que votre année 2024 soit belle.

Bilan 2022 : le temps à toute vitesse

Avant propos : ce billet abordera la violence capitaliste et la dépression

J’ai l’impression de ne plus avoir de prise avec le temps. Tout file à toute vitesse. Dans ces moments-là, je repense à l’autobiographie d’Angela Davis en me demandant : comment faisait-elle pour concilier toutes ses vies en une seule ? Non pas que la mienne de vie est quoi que ce soit à voir avec la sienne…

Comment faire pour concilier toutes mes envies, nombreuses, diverses, en une vie si courte ? Pourquoi devrais-je choisir ? Mes priorités fluctuent en fonction des périodes d’énergie et d’urgences, avec cette impression d’être ballottée tel un canoë sur l’océan.

Bilan 2021, Partie 1 : Ma vie d’écoco écrivaine

Le temps est pareil à une brume argentée : insaisissable, il rend les événements ouatés et lointains. On ne voit rien à plus d’un mètre, alors on avance, un pas devant l’autre. Et puis un jour, le voile se lève et on découvre, étonnée, toute la distance parcourue.

Alors, que dire de 2021 ?

Une question de point de vue

Il était une fois des êtres intelligents et puissants.

Bilan 2020, partie 1 : confinement et jardinage

Le brouillard nocturne est de retour et annonce l’installation de l’hiver. Quelques rayons de soleil font une percée vers midi et disparaissent aussi vite quand l’heure des crêpes sonnent. Bref, le mois de décembre est là, c’est le moment du bilan annuel.

Haïku de la nuit 16

Nul besoin d’effort

Poussent dans le composteur

Melons et tomates

Ou presque, une invasion d’acariens (ou Tetranychus urticae) a décidé de mettre à mal mes tomates surprises.

Oh les jolies toiles…

Je vais prendre des parts dans une usine de savon noir, qui pour le moment permet de limiter la casse.

Comme une envie de fuite

Des fois, j’ai envie de tout claquer. Quitter la grande ville pour une petite maison avec jardin dans un coin perdu, quelque part sur un plateau montagnard.

Femmage à ma grand-mère

Ma grand-mère est décédée.

Fin de l’enfance

Comme l’a dit si bien une de mes sœurs, c’est un peu de notre enfance qui est partie avec elle.

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