Les rêves de l’Arcadie – Chapitre 25

Naël regardait le soleil plonger dans l’eau. Les vagues caressaient les plantes de ses pieds d’un doux clapotis. Des chants d’oiseaux courraient dans l’air. Des oiseaux, ces animaux mythiques ! Naël ria doucement. Le ciel changea rapidement de couleur passant d’un orange chaleureux à rose pâle puis violet sombre. Quelques points scintillants piquetaient la nuit. Et dire qu’il y a des milliers d’années de distance, des êtres humains comme lui avaient regardé le même ciel du même endroit.

Les ruines cachées dans la jungle attestaient de la présence d’une civilisation ici, au bord de la mer. Les fouilles avaient montré que des choses pas très jolies jolies s’y étaient déroulées. Il soupira. C’était la longue malédiction des humains et elle avait commencé ici, sur cette planète.

Un craquement le fit se retourner, maser en main.

― C’est moi, capitaine.

Il reconnut la voix de Xiafi dans le noir. Il baissa son arme. Vu les bêtes qu’ils avaient eu l’occasion de croiser sur cette Terre laissée à elle-même, il préférait être vigilant.

― Artur m’envoie te chercher, il semblerait que Linor soit arrivé à capter quelque chose avec son bricolage.

Naël et le jeune s’enfoncèrent dans les bois moites. Ils rejoignirent leur vaisseau qui s’était posé sur une place de la ville fantôme, encerclée par des tours vides et brisées. Des arbres tenaces avaient poussé dans les bâtiments et saluaient la place à travers les fissures dans les murs.

Ils trouvèrent les hommes devant un écran antique récupéré lors de visites de certaines des tours. Linor avait passé des jours à farfouiller dans des fils, à grimper dans les hauteurs accrocher des antennes de fortune et à souder des composants étranges ensemble. La jungle n’était pas son truc. Du son sortait d’enceintes bidouillées.

― … auras de l’aide quel que soit l’endroit où tu te trouves. Rejoins-nous. Faisons tomber ensemble ce système inique…

Naël n’écoutait que d’une oreille distraite. Son regard restait bloqué sur une des femmes du groupe, en arrière-plan. Elle écoutait attentivement sa voisine masquée, penchée tout contre elle. De longues tresses encadraient son visage fatigué et froid. Son manteau rouge était un peu défraîchi. La femme leva ses yeux noirs vers la caméra et le cœur de Naël bondit dans sa poitrine. Il détourna les yeux et croisa ceux moqueurs d’Artur. Il reprit son masque de capitaine.

― … pas libres tant qu’une autre personne est enchaînée. Nous voulons la liberté pour toutes et tous, pas uniquement pour quelques-uns. Rejoins-nous et libérons-nous, ensemble. Car nous sommes des milliards et ils sont peu.

L’image fut remplacée par un grand cercle barré et Naël devina un oiseau aux ailes enflammées en bas de l’écran, puis un grésillement et le décor du journal en continu fit son retour. Le présentateur lut méthodiquement le prompteur à l’écran :

― Messieurs, nous nous excusons de la gêne occasionnée. Des terroristes financés par l’Empire Unioniste ont piraté notre chaîne. Notre armée intérieure fédérale a pu rétablir l’ordre et des premières arrestations sont en cours. Nous vous tiendrons au courant de l’avancée de l’enquête. Et maintenant des nouvelles du front…

Linor baissa le son pendant que l’équipage lâchait leur trop plein d’excitation :

― C’était pas le Loup d’Argent à gauche de la porte-parole ?

― Elle n’est pas mal la jeune avec le haut orange, non ?

― La petite a l’air dans son élément, ça fait plaisir à voir.

― Mais pourquoi les gens sont masqués, c’est bizarre non ?

― J’ai du rhum les gars, on va fêter ça !

― Mais il n’y a rien à fêter, Issam ! Ne gâche pas les réserves.

― Vieux grincheux, va… tiens, prends ton verre et tais-toi !

Les mousses riaient des pitreries d’Issam sous l’œil réprobateur de Saelys. Les jumeaux étaient collés l’un contre l’autre. Artur, Mizsel, Mazziek et le Doc’ étaient en grande discussion sous l’écoute attentive de Zakioru.

Naël passa la main dans sa barbe. Elle commençait à être longue. Ça ne leur ferait pas de mal de retourner à la civilisation. Ils avaient récupéré assez de reliques anciennes pour faire bonne fortune quelques temps.

Il leur faudrait au plus une semaine pour les préparations. Puis un long voyage de retour. Six mois IG au mieux. C’était loin, la Frontière.

Naël leva son verre :

― A l’Arcadie, à l’aventure, à la liberté !

***

Eh ! voilà, le dernier chapitre de cette aventure. J’espère que pour les gens qui ont tenu jusqu’ici ont apprécié le voyage au bord de l’Arcadie

Rétrospectivement, je constate un certain nombre de points d’amélioration, notamment de structures, de rythmes, d’univers et d’angles d’approche.

Bon, ok, de pas mal de choses en fait.

Mais je reste fière de ce que j’ai écrit. Peut-être qu’un jour que je reprendrai ce roman du début. Qui sait ?

Les rêves de l’Arcadie – Chapitre 24

Azza rangea le peu d’affaires qu’elle avait. Elle n’emporterait que son maser avec elle. Elle n’avait besoin de rien d’autre pour une renaissance. Car c’était ce qu’elle éprouvait, une renaissance. Tout son ressentiment, sa haine s’étaient évaporées à la vue de Mira. Elle avait imaginé pendant des années ce qu’elle ferait subir à la traîtresse mais, une fois devant l’ancienne mousse entourée de ses filles, elle n’avait été plus sûre de rien. Elle ne voulait plus être responsable de la création d’orphelines. Quand elle pensait à la jeune femme et ses regrets qui la rongeaient, elle n’éprouvait plus que de la pitié teintée de dégoût. Toutes ses mortes pour ça. Quel gâchis.

Challenge de l’Imaginaire – Le porte-lumière d’Aiden Thomas

Petite aparté (pas si petit):

J’ai dérogé ici de ma règle d’airan de ne lire que de la fiction écrite par des femmes. En effet, Aiden Thomas est un homme se présentant comme trans. Est-ce cohérent d’inclure les hommes trans dans mes critères ? Je réponds à cette question par l’affirmative.

Les rêves de l’Arcadie – Chapitre 23

Azza était assise entre les lits de Zakioru et Klirus, seulement dérangée par les bruits des respirateurs et des gouttes de la perfusion qui pendaient à leur bras. Son nez cassé avait été ressoudé par le Doc’ en moins d’un jour et presque sans douleur grâce à ses pommades maison. Elle alternait la veille avec Rezol, constatant à chaque fois leur lente guérison. De temps en temps, Juli passait lui tenir compagnie entre deux corvées et racontait tout et rien pour la distraire.

Challenge de l’Imaginaire – L’Arpenteuse de rêves d’Estelle Faye

L’Arpenteuse de rêves est un roman young-adult de fantasy écrit par Estelle Faye. Depuis ma lecture des Révoltés de Bohen, cette autrice fait partie de mes choix sûrs, qui ne pourront pas me décevoir. Ma lecture de l’arpenteuse des rêves me confirme cette théorie.

Les rêves de l’Arcadie – Chapitre 22

Le choc de l’eau froide réveilla Azza. Elle aurait bien injurié les coupables, mais ses muscles encore paralysés bloquèrent les récriminations au fond de la gorge.

Les rêves de l’Arcadie – Chapitre 21

Naël et Artur profitaient du soleil timide de fin de matinée. Ils avaient sorti une table et un goban qu’ils avaient posés devant le vaisseau, et décortiquaient la soirée en sirotant du rhum. Au bout d’une demi-heure de jeu, Yuka réapparut sans un mot, tunique froissée et faux cheveux en bataille. Elle s’engouffra sans un mot à l’intérieur du vaisseau. Naël n’était donc pas le seul à avoir eu une soirée fructueuse. Il n’était pas jaloux, tout le monde avait le droit de prendre son pied. De plus, il avait trop à réfléchir pour s’appesantir sur les images de deux corps entremêlés de femmes. Jorel de Seila lui avait décrit de très belles opportunités dans la zone grise de la légalité, à ne surtout pas manquer. Avec beaucoup de Feds à la clef, avait déclamé le marchand d’une voix emplie de trémolos. Il était juste question de vols de médicaments à une planète souffreteuse et pauvre.

Chronique de l’Imaginaire – le Clairvoyage d’Anne Foukhari

Le Clairvoyage est un roman jeunesse de fantasy écrit par Anne Foukhari. On y suit Clara, une fille de 12 ans, qui est envoyé chez son oncle après le décès de ses parents.

Les rêves de l’Arcadie – Chapitre 20

Solaire. C’était peut-être qui définissait le mieux leur hôtesse, lumineuse dans sa robe vaporeuse jaune canari. Elle était le centre d’un groupe d’hommes, charmeuse au possible, drôle, belle. Azza pouvait comprendre l’envie de s’enfermer avec elle quelques heures pour explorer chacune des courbes de cette fameuse duchesse. Presque tous les hommes étaient sous emprise, absorbant chacun de ses gestes, chacun de ses mots. Presque, car l’homme à la droite d’Anila de Seila restait de marbre, répondant d’un air poli et vaguement intéressé à chaque tentative de la belle rousse, daignant à peine jeter un regard à leur hôtesse de ses yeux gris et froids qu’Azza ne reconnaissait que trop bien.

Chronique de l’Imaginaire – AfterLove de T. Byrne

Afterlove est un roman d’Urban Fantaisy de Tonia Byrne. On y suit Ash, une jeune fille de 16 ans vivant à Birghton, une ville au sud de l’Angleterre, au bord de la mer. Après des années de déconvenue, elle rencontre par hasard la femme de sa vie, Poppy, avec laquelle elle vit le grand amour. Mais voilà, Ash meurt quasiment au milieu de roman et devient une grande faucheuse, celle qui amène les âme des mort·es jusqu’à la barque de Charon. Sauf qu’Ash n’est pas d’accord, ce n’est pas la mort qui la séparera de son grand amour.

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